Le voyage d'Ethylène | L’origine de la série de photographies, par Thierry Cron
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L’origine de la série de photographies, par Thierry Cron

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L’origine de la série de photographies, par Thierry Cron

 

« Lake Powell, Arizona 2008. J’avais l’impression d’être le premier homme explorant cette immense étendue monochrome. Aucun bruit, aucun chant d’oiseau ne venait rompre cet inquiétant silence. Seul un léger souffle d’air brûlant soulevait une fine poussière grise. Les animaux ne semblaient pas encore avoir eu connaissance de ce nouveau territoire. Quelques herbes pionnières poussaient timidement, cherchant vainement une ombre pour se protéger d’un soleil implacable. Rien ni personne, ne paraissait s’être encore essayé à reconquérir ces terres saccagées.

Je marchais droit devant. Mes pas se faisaient légers. Je ne voulais qu’effleurer la surface de cette terre nouvelle, ne laisser aucune empreinte de mon incursion dans cette nature qui essayait de reprendre vie. Le sol était recouvert de gigantesques plaques de boues séchées. Les couleurs si vives de l’Arizona voisin, s’étaient éteintes, laissant place à une immense palette de gris et d’ocres évanescents.

J’étais hypnotisé. A perte de vue, ce désert encore intact, m’offrait une intarissable source d’inspiration. Chaque colline, chaque rocher avaient été posés au parfait endroit. Les magies de la lumière baissante embellissaient à chaque instant les teintes du paysage qui me paraissait irréel. Alors que cette immensité et ce calme auraient dû m’apporter la sérénité, j’étais agité par une profonde émotion. Toute cette beauté n’était en fait que désolation semée par l’homme.

Mon appareil photo en bandoulière, je n’avais encore fait aucune photo. Je cherchais à cadrer dans cette profusion de possibilités avant de cloisonner mon regard dans le viseur. J’installais l’appareil photo sur son trépied, savourant d’être seul à contempler cette nature encore vierge.

C’est au moment où je m’apprêtais à faire la première image, qu’un sac plastique rose est apparu. Porté par l’air chaud, il volait, tournoyait et s’arrêta au milieu de mon cadre, posant pour l’éternité… »

Texte écrit par Thierry Cron

 


 

Le photographe : Thierry Cron

Thierry_CronThierry Cron est né à Paris en février 1959, il vit entre la France et sa Sicile d’adoption. Cuisinier de formation et photographe autodidacte, il a parcouru le monde avant de s’installer à son compte en 1982.

Dans un premier temps, Thierry a mis son expérience des voyages et son goût pour l’aventure au service de la production photo, collaborant ainsi avec de nombreuses agences de publicité et les plus grands noms de la photographie. C’est en 1998 qu’il signe sa première campagne publicitaire en tant que photographe professionnel. Les images qu’il réalise vont obtenir de nombreux prix comme le Grand prix Stratégie pour la campagne de Décathlon, Grand prix de l’affichage pour Giraudy, et de nombreuses citations dans « Archives » et « Best ads of the world ».

Il travaille aujourd’hui pour de nombreux annonceurs et agences de publicité comme : Publicis Conseil, Publicis Active, Publicis Consultants, Euro RSCG, V, Australie, BDDP & Fils, H, Leo Burnett, Mc Cann Erickson, Ogilvy, Saatchi & Saatchi, TBWA, Ailleurs Exactement, W&Cie, Herezie.

Ses images sont régulièrement exposées et vendues dans plusieurs galeries :

  • Exposition de nus intitulée « Curva » chez Arcana-Artcurial Deauville
  • Exposition « Perles de Pluie » Cité de l’Image/Dahinden
  • Exposition chez Artcurial de la série « Cadres »


L’univers de ce photographe est empreint d’esthétisme et d’humour. Influencé par des photographes comme Stephen Shore, Ansel Adams et Jean Larivière, il explore notre monde et le raconte avec élégance et ironie.

http://thierrycron.com